Monsieur Hawarden (1967)

M. HAWARDEN M. HAWARDEN

Countries

Belgique

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Autodidacte, Harry Kümel débute comme scénariste pour Rik Kuypers et Herman Wuyts. Mais, très vite, il s'attaque à la réalisation. Il tourne quelques courts métrages remarquables: des films expérimentaux (Anna la bonne, d'après Jean Cocteau), de fiction (Tous les parfums de l'Arabie) ou des documentaires (Verre, acier et aluminium). Le premier long métrage remarqué de Kümel, alors jeune réalisateur de 28 ans, est une adaptation saisissante de la nouvelle flamande de Filip de Pillecyn et du roman d'Henri Pierre Faffin, tous deux inspirés d'un fait divers qui s'est déroulé à Malmédy vers 1870. Le scénario de Jan Blokker est une adaptation romantique de ce mystère: une jeune aristocrate parisienne, à la suite d'un crime passionnel, s'exile dans un petit village retiré et s'y fait passer pour un homme. Ce film d'ambiance, réalisé de main de maître avec un grand souci du détail et une grande finesse de la symbolique, est centré sur la relation entre le personnage énigmatique de Hawarden (la Néerlandaise Ellen Vogel) et sa bonne (Hilde Uytterlinden, une révélation). Portrait psychologique élégant et très suggestif des personnages, aux implications sexuelles ambiguës, bourré de références à Resnais, Dreyer, Bergman et Bresson, ce drame freudien se distingue aussi par la qualité de la photographie du paysage et par son clair-obscur. Kümel voulait pourtant tourner en couleurs. Le budget (7 millions de FB, dont 2.480.000 de subside) ne le permit pas. La coproduction belgo-néerlandaise, dédiée à Josef von Sternberg, fut tournée dans la région de Tongres, Spa et Malmédy. Des ennuis de production mirent un an le film au placard.