Toute une nuit (1982)

All Night Long

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Une nuit donc à Bruxelles. Une nuit d'été et d'orage. Jusqu'à l'aube, des hommes et des femmes, dans la moiteur, l'énervement de la chaleur, vivent, rêvent ou rencontrent l'amour. La solitude aussi, la passion parfois. Le temps est comme suspendu, magnifié par le désir et l'attente. Il faut qu'il se passe quelque chose ce soir-là. Alors s'organise comme un ballet, un puzzle, un chassé-croisé. Chantal Akerman nous propose des "fragments de discours amoureux", des morceaux de roman. Une dizaine de couples amorcent, terminent ou continuent une histoire de coeur qui se lit au travers de signes simples et forts, comme dans les chansons de Piaf. Il y a les taxis et les gares, les coups de téléphone, les chambres d'hôtel, les valises faites à la hâte, les draps froissés. Les partenaires font trois petits tours et puis s'en vont. Des coups de foudre fracassent les couples, des vérités claquent comme des coups de revolver. Là, le roman-photo rencontre le cinéma d'avant-garde. On retrouve les constantes du style d'Akerman: plans fixes, cadrages très géométriques, séquences longues, acteurs qui jouent juste mais un peu décalé; ils semblent avoir un rapport plus intense avec leur vérité qu'avec la réalité. Trois danses rythment le film, seuls passages musicaux dans une bande "son" faite de bruits et de rares dialogues. Le cinéma de Chantal Akerman appartient par son langage à la modernité (avec le cut, l'étirement du temps, la liberté des personnages, la déconstruction du récit), tout en s'appuyant sur une sensibilité qui explore l'universel du romanesque.