21:12 piano bar (1981)
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Lucinda Childs (Nathalie)
- Carole Courtoy (Florence)
- Anne Guerrin (Yolande)
- Jean-Marc Turine (Mathieu)
- Philippe Marannes (Olivier)
- Claude Zaccaï (L'homme du bar)
- Alain Marchal (Le musicien)
Production
- Les Productions de la Phalène (Bruxelles)
Pays
Belgique
À propos de ce film
Née au Pérou en 1948, Mary Jimenez y termine des études d'architecte, avant de se passionner pour le cinéma; d'où son exil en Belgique, où elle sera diplômée à l'INSAS pour la réalisation. Quelques moyens métrages préludent au tournage de 21:12 piano bar qui ne sortira fugitivement en salle que deux ans plus tard, après avoir circulé dans les festivals. Comme naguère pour Jeanne Dielman, le manichéisme critique se déclencha d'emblée: pour les uns, un exaspérant cinéma prétentieux et artificiel, le morbide et ennuyeux exercice d'une sous-Marguerite Duras; pour les autres, une fascinante approche de l'inconscient, "une mise en représentation de l'impossibilité de vivre son corps, où l'esthétisme fait sens" (Jacqueline Aubenas). Ces deux approches du film sont peut-être complémentaires. Le scénario de Mary Jimenez est bâti sur le thème du masochisme au féminin. Une pianiste de jazz tente de reconstituer les fantasmes d'une suicidée, morte après automutilations et recherche du plaisir par la souffrance. A travers les témoignages de ses proches, elle va s'identifier peu à peu aux pulsions secrètes de cette inconnue, en une fascination posthume et voluptueuse. Le film est tourné et développé sur une pellicule retravaillée: semi-obscurité constante, éclairages glauques, clarté diffuse se veulent en accord avec les fantasmes inavouables. Les dialogues, ponctués de silences signifiants, ne contribueraient en fait, selon certains, qu'à souligner "une pseudo-poésie à base de gin, de jazz et de spleen qui sent son esthétique 1920" (Théodore Louis). Une réalisatrice, en tout cas, hors normes.