Australia (1989)

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Le premier long métrage à visée internationale de Jean-Jacques Andrien réunit deux vedettes de poids. Avec Australia, le cinéaste ne perd ni ses racines (Verviers), ni ses qualités (l'intériorité et l'intensité), ni ses thèmes (l'appartenance et l'exil, la difficulté et le désir de communication entre les personnages, la nécessité de témoigner des ruptures économiques ou culturelles ou encore des fractures affectives). Dans les années 50 à 60, l'industrie lainière à Verviers est en difficulté. Les grandes familles n'ont pas vu venir la concurrence internationale et les rudesses d'un marché de plus en plus compétitif. Elles persistent dans la certitude de leur savoir-faire et s'engourdissent dans leur situation acquise. C'est alors qu'on rappelle le fils exclu pour jouer les sauveurs. Deux frères, celui qui vient d'ailleurs - l'Australie - et celui qui est resté, vont se retrouver. Le dénouement laissera filer leur destinée. Sur le plan narratif, le récit n'élude pas les scènes de passion et d'affrontement. Les actions et décisions ne sont pas évacuées par une voix off ou l'ellipse des sentiments et des rencontres. Reste une certaine raideur, ou plutôt la fragilité des scènes, en cet accord avec le style d'Andrien où le montré n'est que l'apparence des choses. L'essentiel se joue dans un hors-champ, résonance étonnamment profonde entre l'acteur et le cinéaste, le personnage et le spectateur. La durée des plans, le rapport à l'espace (le paysage wallon ou le bush australien), l'inachèvement des conversations, la pudeur des personnages laissent, comme chez Tarkovski, l'imaginaire béant et dépassent l'immédiat de l'explication.