Franz (1971)

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

En mai 1967, Jacques Brel abandonne à jamais le tour de chant. C'est désormais le cinéma (à part une incursion dans la comédie musicale avec {L'homme de la Mancha}) qui le passionne: dix films en tant qu'acteur jusqu'en 1973, dont deux qu'il réalise. Déjà en 1956, Brel s'était amusé à tourner entre copains une pochade de dix minutes dans une brasserie de la Grand-Place de Bruxelles (La grande peur de Monsieur Clément); mais cette fois, c'est l'aventure du long métrage, qu'il écrit, met en scène et interprète dans une région qu'il connaît bien: la côte belge, le "plat pays", les plages immenses de la mer du Nord. Aucune chanson dans le film, malgré Brel et Barbara en tête d'affiche, excepté celle chantée en néerlandais par Liesbeth List pendant le travelling aérien du générique, qui suit le tramway côtier le long des dunes - mais une intrigue et des personnages, sortis tout droit de l'univers musical du réalisateur. Dans un hôtel pour petits fonctionnaires, Brel interprète un timide, un écorché vif, qui se réfugie dans ses mensonges (le Katanga, avec son ami Franz), ses rêvasseries naïves, son amour maladroit pour une Bovary un peu moche, face à un groupe de ringards imbéciles qui multiplient ragots et tours pendables pour briser cette ébauche de bonheur. Leurs lieux communs insipides, leur lourdeur belgicaine alternent avec de purs moments d'évasion: bicyclette à deux près du canal, courses de chars à voile, poésie des vagues sous les grands ciels flamands. Mais le ricanement l'emporte (ainsi l'hénaurme Simone Max, en mère monstrueuse), le rêve est fracassé par les corniauds, et tout le pessimisme de Brel se donne libre cours, dans ce film-cri trop mésestimé.