Golden Eighties (1986)

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Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

La comédie musicale passe pour un genre typiquement américain. Pourtant, avec Golden Eighties, Chantal Akerman - qui passe, à tort, pour une cinéaste exclusivement vouée à l'expérimental - a apporté la preuve que la comédie musicale s'exportait bien et que la langue française ne détruisait pas son charme. Une galerie marchande, avec ses boutiques de mode, son salon de coiffure et sa cafétéria, devient le lieu métaphorique de la séduction, des circulations amoureuses et du désir d'être aimé. Deux histoires sentimentales, passionnelles même, vont se croiser. Celle de Robert qui aime la belle Lili, installée là par Jean qui est aimé par Mado, la jolie coiffeuse pour laquelle il n'éprouve aucun penchant; celle de Jeanne, mariée à un homme bon qui ne la fait plus rêver et qui retrouve l'amant qu'elle a quitté autrefois. Ce chassé-croisé amoureux plein d'espoir ou de chagrin, de surprises et de rebondissements, est commenté par le choeur des petites shampouineuses, tandis que Robert est entouré de boys séducteurs qui eux aussi font office de confidents. Golden Eighties est un film délicieux et profond. Chantal Akerman a d'abord travaillé le décor et les costumes dans des tonalités acidulées et fraîches, qui créent un microcosme de désir et de constante séduction. Elle a aussi mis en place un jeu d'acteur spécifique et des déplacements plus proches de la chorégraphie que de la réalité. Les chansons sont charmantes et ponctuent les péripéties sans opérer de rupture avec l'action; au contraire, elles la magnifient et l'amplifient. La cinéaste a créé un rythme, une tension qui installe sans cesse la légèreté ou la nostalgie.