Jeudi, on chantera comme dimanche (1967)
Sing a Song of Sixpence Donderdag en zondag eenzelfde lied
Countries
Belgique
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Marie-France Boyer (Nicole)
- Bernard Fresson (Jean)
- Etienne Bierry (Devos)
- Francis Lax (Marc)
- Hervé Jolly (Pierre)
- Françoise Vatel (Francine)
- Raymond Avenière (Raoul)
- Jean Daulnoye (Marcel)
- Roger Francel (Abbé Forthomme)
- Paul Jacobs (Dupont de la Croix)
- Paul Libens (Brodsky)
- Jean Rovis
- Liliane Vincent
- Pierre Dumaine
Production
- Les Films de la Toison d'Or (Bruxelles)
- Les Films de l'Hermine (Paris)
Pays
Belgique
À propos de ce film
Seul long métrage de fiction d'un cinéaste-ethnologue qui s'est principalement intéressé au film sur l'art et au documentaire anthropologique, ce film, plus que trente ans après sa réalisation, n'a pas vieilli, bien au contraire. Non seulement il a gardé une fraîcheur roborative, mais il a des qualités anticipatives qui annoncent certains films de Ken Loach. Sur fond documentaire d'une Wallonie déjà sinistrée par le chômage, c'est la belle et assez amère histoire d'une jeune vendeuse et d'un chauffeur de poids lourd pris entre leur rêve de bonheur et le marasme économique. Ils s'aiment, ils sont jeunes et beaux, pourtant autour d'eux le monde va mal: les usines ferment et les grèves mobilisent un prolétariat sans illusion. La structure narrative est classique et solide (Hugo Claus a participé au scénario), mais le film mélange les genres, comédie et drame, histoire d'amour et constat social, et s'adonne au happy end. De Heusch porte sur les années 60, dérisoirement "golden", un regard décapant. Cependant, dans ce monde de capitalisme sans foi ni loi, les personnages gardent un indestructible goût du bonheur et une naïveté pleine d'espérance comme des Adam et Eve qui ne veulent pas savoir qu'ils sont chassés du paradis. S'il y avait des affinités cinématographiques à établir, ce serait du côté du Bonheur d'Agnès Varda ou des comédies italiennes proches du néoréalisme qu'il faudrait les chercher. Produit par Henri Storck dans des conditions financières difficiles, ce film, trop proche à sa sortie d'une réalité morose que personne ne voulait voir, prend maintenant tout son sens: celui d'un regard juste qui a imaginé une jolie fiction sur fond de débâcle industrielle.