L' hiver (1971)

Winter

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Cinéaste exigeant, solitaire et inconnu du grand public, le Franco-Tunisien Marcel Hanoun s'entêta sans relâche, durant une vingtaine d'années, à élaborer son oeuvre pour quelques centaines d'inconditionnels. Son choix délibéré de l'expérimental, voire de l'ésotérisme, dérouta souvent critiques et spectateurs. Auteur complet, scénariste et opérateur de ses films, l'un de ses thèmes-clés est de montrer un cinéma en train de se faire, de se définir au montage, de tâtonner entre paroles et monologues intérieurs. Dans la lignée d'un Straub (mais sans passer comme lui par l'adaptation de grandes oeuvres littéraires, sorte de caution pour les intellectuels), Hanoun se voulait d'une intransigeance absolue face aux lois du marché. Entre 1968 et 1972, il réalisa quatre films dont chacun porte le nom d'une saison. Faute de subventions en France, c'est avec l'aide du Ministère de la Culture belge qu'il tourna à Bruges le deuxième volet, L'hiver, en même temps qu'un bref documentaire touristico-poétique sur la ville. Or, L'hiver est justement l'histoire d'un metteur en scène qui entreprend un court métrage de commande sur Bruges et ses oeuvres d'art, alors qu'il rêve de faire interpréter une fiction à son épouse comédienne, dans le même décor. Pour compliquer cette première mise en abyme, chacun des personnages va subir un dédoublement: le réalisateur tombe amoureux d'une femme qui ressemble à la sienne, tandis que cette dernière s'éprend d'un sosie de son mari. Il n'est peut-être pas nécessaire d'ajouter que le film, joué par l'un des fidèles d'Hanoun, Michael Lonsdale, ne fut présenté que dans les festivals d'art et d'essai.