L' étreinte (1968)
The Embrace De omhelzing
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Daniel Vigo (Michel)
- Nathalie Vernier (Gisèle)
- Laetitia Sorel (Leni)
- Oscar Delmart (Oncle)
- Brigitte Kowaltchuk
- Bernard Graczyk
- Samba
- Josée Cellier
- Nicole Roegiers
Production
- Showking Films (Brussel)
- Maya Films (Paris)
Pays
Belgique
À propos de ce film
Le succès financier de Cash? Cash! allait donner des ailes à l'équipe Collet-Drouot. Ils signeront ensemble, l'année suivante, le scénario et la réalisation de L'étreinte. Les deux jeunes Anversois veulent ici dépasser l'aspect ludico-étudiant de leur premier film et mettre en chantier le premier film érotique de qualité de notre cinéma. S'inspirant pour leur intrigue de la vénéneuse {Histoire d'O}, ils basent leur film sur la lente entreprise de domination d'un jeune obsédé richissime, asservissant une timide demoiselle à ses caprices. En Pygmalion arrogant, il la façonne, l'humilie, en fait son jouet désirable et soumis, sans jamais voir l'affection qu'elle lui porte. Une expérience lesbienne fera basculer l'esclave dans la révolte: elle quittera son maître, le jour où il reconnaîtra qu'il l'aime. Le film se déroule entièrement dans le huis clos d'une maison luxueuse, où va se déployer tout le cérémonial de cette perversion raffinée, purement psychologique. Rien des fouets ou des chaînes qui ponctuent les classiques du genre, mais un érotisme mesuré, esthétisé, fort peu racoleur (et que la censure belge édulcora). Et pourtant, la sortie de L'étreinte allait sentir le soufre: le Festival d'Anvers en interdit la projection et la première, à Bruxelles, dut être patronnée par la Cinémathèque de Belgique ("C'est un chef-d'oeuvre, qui me fait penser aux meilleurs Corman", affirma Jacques Ledoux), comme L'empire des sens, dix ans plus tard. Au-delà des polémiques, au-delà des jugements prononcés par les tartuffes de l'époque, il reste une oeuvre que l'on voudrait revoir, enfin libérée de son halo de film maudit.