La fugue de Suzanne (1974)

Suzanne's Fugue Suzanne's vlucht

Countries

Belgique

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Suzanne vit avec Albert et le quitte. Victor vit avec Pélagie qui s'en va. Et il y a Emile. Ces cinq personnages se connaissent et se rendent visite. Les hommes ne savent pas très bien où sont les femmes. Elles ne sont plus là. Tout rentrera dans l'ordre et dans le rien, puisqu'il ne s'est rien passé. On est entre le minimalisme de Samuel Beckett et les tropismes de Nathalie Sarraute. Cinq personnages donc, à la recherche ou à l'ennui d'eux-mêmes. Jean-Marie Buchet donne là un des films les plus représentatifs d'un certain cinéma des années 70. Le décor: quelques pièces, réduites à leurs éléments indispensables, chaises, tables, tapis, canapés. Les personnages, eux, sont proches de l'autisme ou plutôt d'une communication décalée: ce qu'ils disent, d'une banalité voulue et absolue, les laisse absents de ces bribes de conversation. Leurs rencontres, en longs plans fixes, ne fixent qu'un vide dont la présence métaphysique amène un humour fait de non-sens et de refus du sens. Leurs chassés-croisés, aller l'un chez l'autre, essayer de savoir où est l'autre, débouchent sur un marivaudage à l'encéphalogramme plat, sur l'arrêt apparent du coeur. Ces personnages, qui se déplacent sur les cases d'un "jeu de dames", sont les porte-parole d'un humain qui, puisqu'il est réduit à sa plus simple expression, semble plus violent et plus proche que tous les agités de l'action que l'on voit sur les écrans. Leur temps est un temps intérieur, le temps où chacun est nul et sans réponse. L'introspection, le personnage qui parle (même pour dire son désarroi), c'est du chiqué. Tous attendent Godot, une fois encore, et c'est magnifique.