La promesse (1996)

The Promise De belofte

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Le troisième long métrage de Jean-Pierre et Luc Dardenne constitua l'un des points forts du Festival de Cannes 1996, lors de la Quinzaine des Réalisateurs. Unanimité critique, puis succès largement mérité, en Belgique comme à Paris, pour ce film joué par des inconnus et tourné dans les quartiers ouvriers de Seraing et de Liège. Une réussite majeure, déjouant les pièges du naturalisme, des bons sentiments, du manichéisme ou de la démonstration engagée, pour atteindre les hauteurs d'un Ken Loach dans ses meilleurs jours. Ex-ouvrier reconverti dans les magouilles du travail au noir, Roger est devenu un parfait négrier, un exploiteur d'immigrés clandestins plus misérables que lui, qu'il parque à prix fort dans des chambres insalubres. Igor, son fils âgé de 15 ans, partage sans état d'âme toutes ces combines, jusqu'au jour où la mort accidentelle (et dissimulée par Roger) d'un travailleur burkinabé, puis la venue de son épouse noire et de son enfant, vont conduire l'adolescent à s'opposer à la loi paternelle. Deux personnages ambigus, au demeurant: le fieffé salaud est aussi un père attentif et aimant; l'adolescent, un petit voleur buté, mais qui se dressera sans haine contre son autorité pour tenir une promesse donnée. Aidés par deux acteurs prodigieux, les frères Dardenne ancrent solidement leur histoire dans une Wallonie en crise, aux industries ravagées: on n'oubliera pas ces décors glauques, investis par une caméra nerveuse et précise, captant sur le vif la banalité de l'abjection et l'éveil d'une conscience, dans cette jungle où le prédateur peut devenir digne et responsable.