La tragédie de Marchienne (1937)
The Tragedy of Marchienne Le drame de Marchienne De tragedie van Marchienne
Countries
Belgique
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Pays
Belgique
À propos de ce film
Nous avons laissé Francis Martin à l'orée du parlant. Il se contente alors de jouer films ou courts métrages de Gaston Schoukens, Paul Flon et Isidore Moray. C'est aussi comme interprète que Martin allait apparaître, au tout début du parlant, dans son propre film de fiction commémorant le centenaire de "ceux de 1830". Selon Francis Bolen, la Commission de Contrôle refusa le précieux visa "enfants admis" devant certaines audaces du script ("une femme délaissant son foyer pour suivre une bande d'agitateurs"), obligeant Martin à jeter toute la partie romanesque de son film pour le transformer en documentaire culturel. Mais son projet le plus ambitieux est de tourner un remake de son film muet La tragédie de Marchienne. Ce sera chose faite pendant l'hiver 1937, avec une distribution volontairement anonyme (des Borins de la région où s'était déroulée l'histoire), à laquelle se joignit Francis Martin lui-même. Quatre ans après l'Armistice, le studio de Hippolyte De Kempeneer avait déjà consacré un long métrage (La jeune Belgique) à la tragédie de "La petite martyre belge" (c'est un autre titre du film de Francis Martin). L'héroïne en était une gamine de dix ans, Yvonne Vieslet, qui avait été abattue par un soudard allemand, sous les yeux horrifiés des habitants de Marchienne, alors qu'elle offrait sa brioche à un prisonnier français. Son acte de courage est ici raconté par un vieux berger à un groupe d'enfants, évoquant les horreurs du conflit et la longue agonie d'Yvonne Vieslet, avant sa dernière communion. Patriotique, pathétique et édifiant, l'ouvrage fut joué régulièrement pour le public qu'on imagine, du moins jusqu'à la guerre suivante (qui vit la retraite définitive de Francis Martin, après vingt années au service du cinéma artisanal).