Le fils d'Amr est mort! (1975)

The Son of Amr is Dead! LE MENSONGE De zoon van Amr is dood!

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Le premier long métrage d'un des cinéastes les plus importants de sa génération: Jean-Jacques Andrien. Si l'on se réfère à ce que développera par la suite le réalisateur, c'est un film qui porte en germe le fond et la forme de ses films ultérieurs. Thématiquement, l'exil et l'altérité, la rencontre et la compréhension difficiles entre les êtres, l'inscription dans un territoire très précis, le regard documentaire amorçant la fiction. Quant au langage cinématographique, Andrien développe un style qui appartient à la modernité, où le personnage est plus important que l'action, et où le non-dit prime sur ce qui est dit. Les panoramiques lents et la mise en creux de la fiction classique lâchent le spectateur pour le confronter à son propre imaginaire. Un homme dont on ne sait rien (le ténébreux Pierre Clémenti) vit avec une femme et un enfant à Bruxelles. Il est voleur à la tire et il a un complice, un Maghrébin qu'il retrouve mort dans un autobus rouillé, épave au fond d'un bois, sans savoir qui il était vraiment ni le pourquoi de sa disparition. Muni des papiers d'identité du mort, Clémenti part dans le Sud tunisien. Il ne dira rien et n'apprendra rien. Deux mondes, celui d'ici et l'ailleurs, vont se succéder, appréhendés par des gestes et des signes. Un film incertain et intéressant, toujours à la frontière de la fiction qui n'est qu'esquissée, lambeau d'un récit non élucidé. Il révèle un cinéaste qui a une force dans son rapport à l'image. Face à l'impossibilité de raconter, l'évidence du suggéré, du montré "à côté". Les personnages s'évadent de leur histoire pour la rêver. La fiction/action s'efface au profit d'une fiction/méditation.