Le Nosferat ou les eaux glacées du calcul égoïste (1974)

The Icy Waters of Selfishness Les eaux glacées du calcul égoïste NOSFERATUS OF DE IJZIGE STILTE VAN HET EGOISME

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Après des études à l'INSAS, le Bruxellois Maurice Rabinowicz (né en 1947) se lance dans la mise en scène de théâtre (le {Kaddish} d'Allen Ginsberg), les émissions culturelles à la radio et le court métrage de cinéma. En 1972, au Festival d'Avignon, il présente {F.B.Kafka}, puis, l'année suivante, {Le Nosferat}, deux textes écrits avec Yvette Michelems. Cette pièce prend comme point de départ les crimes de Jack l'Eventreur. La petite troupe du Groupe de Chambre, sous l'impulsion des deux auteurs, décide de transposer le spectacle au cinéma, avec un minuscule budget et aucun subside officiel: trois semaines de tournage en mai 1974, dans une vieille maison d'Ixelles transformée en studio. D'où un film corrosif, vénéneux, politique, dénonçant la société bien-pensante dans un style jamais vu en Belgique, entre parabole brechtienne à couplets et expressionnisme pervers, en adéquation totale avec le thème. Le héros crépusculaire du Nosferat est un jeune bourgeois, rangé et refoulé, qui assassine sadiquement des prostituées. Sa famille, puritaine et conservatrice, protège moralement ce vengeur des bonnes moeurs au service de l'Ordre. Toute la morbidité du fascisme est en place, avec ses discours hypocrites et son approche malsaine de la sexualité. Tout cela est filmé avec un réalisme détourné, distancié, théâtralisé: longs mouvements ralentis, hiératisme et grotesque, "songs" et citations des lettres de "Jack the Ripper", reine Victoria croisant le Nosferat éructant, métaphores visuelles traduisant les frustrations et les rites rancis de la famille, jeux sur l'espace et le temps. Un film trouble et dérangeant, dont la virulence est restée intacte.