Les lèvres rouges (1971)

Daughters of Darkness Le rouge aux lèvres Met jouw bloed op mijn lippen

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Dans la riche tradition du vampirisme, Elisabeth Bathory, "la comtesse sanglante", occupe une place de choix: cette vénéneuse Hongroise, emmurée vivante dans son château par décision de justice en 1610, aurait fait périr plus de 600 jeunes filles pour prolonger sa beauté par leur sang. Son château des Carpates a fourni depuis lors aux auteurs fantastiques un décor maléfique à souhait pour faire d'elle le prototype de la femme-vampire. Refusant ce poncif trop usé, Harry Kümel a voulu transposer l'histoire d'une descendante de la comtesse au bord des plages d'Ostende, dans un hôtel de la Belle Epoque, luxueux et désuet. Delphine Seyrig, raffinée, inquiétante, et d'une élégance sophistiquée à la Sternberg, est prodigieuse dans ce personnage baroque et fascinant, qui va perturber le voyage de noces d'un couple de jeunes mariés et les entraîner dans un univers lesbiano-morbide. Le point faible du film réside précisément dans la fadeur des deux vedettes américaines (de surcroît affreusement doublées, face à la voix musicale de Delphine Seyrig). En revanche, Harry Kümel s'est servi des Thermes d'Ostende et des sortilèges de sa Diva avec maestria, créant une ambiance feutrée où les moments de sang et de violence atteignent une poésie de l'horrible beaucoup plus efficace que les outrances gothiques du genre: "C'est Dracula à Marienbad", comme le titrait un hebdomadaire. Le film allait connaître un succès énorme, tant à Paris que dans les pays anglo-saxons, et conduire son auteur à tourner une autre oeuvre fantastique brillante: Malpertuis.