Les opprimés (1923)

The Oppressed Les Flandres sous Philippe II De verdrukten

Countries

Belgique

Meters

3100m

Silent/Sound

Film muet

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Pour inaugurer, en 1922, ses nouveaux studios de Machelen, Hippolyte De Kempeneer avait lancé l'idée d'une fresque historique à grand spectacle, qui évoquerait les Flandres sous l'occupation espagnole et serait dirigée par le Français Henry Roussel. L'affaire fut finalement montée sans lui par une firme américaine, la Paramount, qui disposait d'importants capitaux en Belgique et à Paris. Henry Roussel tourna les importants extérieurs à Gand et à Furnes, avec une distribution fastueuse: André Roanne (le duc de Hornes), promu vedette depuis L'Atlantide de Jacques Feyder; le vieux Maurice Schutz (en duc d'Albe), que sa carrière devait mener de Carl Theodor Dreyer à Henri-Georges Clouzot et Jacques Becker; et surtout l'Espagnole Raquel Meller, chanteuse, danseuse et comédienne, que le même Henry Roussel allait diriger dans ses deux versions de Violettes impériales, et qui serait, trois ans plus tard, la Carmen de Feyder: son cachet était alors de 25.000 francs par semaine! Elle jouait ici la noble Concepción, une Andalouse amoureuse du gentilhomme flamand que le duc d'Albe veut envoyer à l'échafaud. L'évocation imposante des rébellions populaires contre les troupes de Philippe II fit des Opprimés l'un des films les plus coûteux de l'époque: figuration, costumes copiés sur les tableaux du XVIe siècle, mobiliers historiques, danses et exécutions sont mis en valeur avec somptuosité par Jules Krüger, le futur opérateur d'Abel Gance pour Napoléon. Il faudra attendre La kermesse héroïque pour retrouver au cinéma une reconstitution aussi scrupuleuse des Flandres sous l'Inquisition.