Les rendez-vous d'Anna (1978)
The Meetings of Anna De afspraken van Anna
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Aurore Clément (Anna)
- Helmut Griem (Heinrich)
- Magali Noël (Ida)
- Hans Zieschler (L'homme du train)
- Lea Massari (La mère)
- Jean-Pierre Cassel (Daniel)
- Alain Berenboom
- Laurent Taffein
- Françoise Bonnet
- Victor Verek
- Thaddausz Kahl
Production
- Paradise Films (Bruxelles)
- Hélène Films (Paris)
Pays
Belgique
À propos de ce film
Anna est le double "romanesque" de la réalisatrice. Comme Chantal Akerman, elle est cinéaste. Elle circule entre Paris, Bruxelles et l'Allemagne pour montrer ses films. Mais la mise en personnage amène une fragmentation, une distanciation. Anna se pose simplement une série de questions qui étaient celles de la réalisatrice au moment du tournage: "Qu'est-ce que l'Allemagne d'après le nazisme, où va le monde, qu'est-ce qu'aimer et être aimée?" Cependant, fondamentalement, Anna n'appartient qu'à elle-même. Comme l'ange de Théorème, elle circule, grave et à l'écoute. Puisque tous les gens qu'elle rencontre sont au bord de quelque chose, elle fait que les choses se disent. Elle rencontrera un instituteur allemand qui porte le poids de l'Histoire, une amie, un inconnu dans le train, sa mère, son amant parisien. Chacun, le temps d'un monologue, fût-il bref, rompra la solitude pour s'expliquer. Mais le monde va se refermer sur les rencontres manquées, sur les voix du répondeur téléphonique dans la chambre impersonnelle de la nomade. On retrouve ici le style akermanien, caractéristique de cette période de son travail faite de frontalité, de lents travellings latéraux, d'une distance gardée vis-à-vis des personnages, distance qui n'efface pas l'émotion, mais la canalise, laisse à Anna et les autres leur liberté. Ils ne sont pas épuisés par la fiction. Le récit a besoin d'eux, mais ils gardent toujours un hors-champ narratif, un quant-à-soi qui font la grâce grave du film. Il faut encore souligner la place du texte beau et simple, d'une fluidité sans pathos qui, dans les fictions ultérieures de la cinéaste, va devenir déterminant.