Pierre (1976)

Countries

Belgique

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Pays

Belgique

À propos de ce film

Cet exemple de cinéma minimaliste appela des comparaisons avec le film de Fassbinder, Pourquoi Monsieur R. est-il atteint de folie meurtrière? Tout comme lui, Jan Decorte venait du théâtre expérimental, un passé dont les traces apparaissent clairement dans cette oeuvre cinématographique. Pierre raconte une journée et une nuit de la vie d'un petit fonctionnaire communal qui, dans sa chambre minable, assassine une jeune femme. Le lendemain, il retourne à sa routine quotidienne sans remords particuliers. Decorte décortique avec raffinement le monde triste, étouffant et petit-bourgeois des années cinquante, en utilisant son décor (une maison de quartier bruxelloise anonyme) à la perfection. La presse loua le film en raison de son caractère expérimental et de sa position subversive au sein du paysage cinématographique flamand, souvent conventionnel. Paradoxalement, elle eut beaucoup de mal à admettre le style appuyé, le ton prétentieux et l'interprétation théâtrale. Pierre obtint néanmoins le prix de la presse au 11e Festival du Cinéma Belge à Namur. Cette production fut tournée en 16mm, sans aide officielle et en un temps record (sept jours!). Walther Vanden Ende et Rufus J. Bohez, connus depuis Pont Brûlé de Guido Henderickx, une production flamande de qualité, en signèrent la photographie. Pierre marqua les débuts cinématographiques de Jan Decorte, diplômé du RITCS, section théâtre et dramaturgie. Mais son visage n'était pas inconnu: il avait auparavant tenu le rôle du fils dans Jeanne Dielman de Chantal Akerman.