Rendez-vous à Bray (1971)
Rendezvous at Bray Afspraak te Bray
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Mathieu Carrière (Julien Eschenbach)
- Anna Karina (Jeune femme)
- Bulle Ogier (Odile)
- Roger Van Hool (Jacques Nueil)
- Pierre Vernier (Monsieur Haussman)
- Martine Sarcey (Madame Haussman)
- Jean Bouise (Rédacteur en chef)
- Boby Lapointe (Aubergiste)
- Luce Garcia-Ville (Mère de Jacques)
- Nella Bielski
- Pierre Lampe
- Jean Aron
- Léonce Corne
Production
- Studios Arthur Mathonet (Bruxelles)
- Ciné Vog Films (Bruxelles)
- Showking Films (Brussel)
- Parc Film (Paris)
- Taurus Film (München)
Pays
Belgique
À propos de ce film
André Delvaux s'est ici permis de s'inspirer librement d'une nouvelle de Julien Gracq, {Le roi Cophétua}, car, dit-il, "ce qui compte dans la transposition d'un texte littéraire, ce n'est ni le climat ni les personnages, mais le langage". L'action se situe en France, pendant la guerre de 14-18. Jacques, musicien et compositeur, profite d'une permission pour inviter dans sa propriété de campagne son ami Julien. Ce dernier, pianiste luxembourgeois, l'attendra en vain, car Jacques ne viendra pas au rendez-vous de Bray, laissant son ami pendant un jour et une nuit entre les mains silencieuses et amoureuses d'une belle et mystérieuse servante. Le temps du film est celui de l'attente et du souvenir. Dans cette très confortable maison perdue dans un grand parc, tout devient un déclencheur de mémoire, de la vie insouciante d'avant, quand les deux amis, sortes de Jules et Jim pudiques, étaient heureux auprès de la gentille Odile. Une partition de musique, un tableau, un repas, une femme, c'est-à-dire les cinq sens, vont replonger Julien dans l'histoire de leur amitié et joueront le rôle de la "madeleine" proustienne. On ne saura jamais clairement le pourquoi de l'absence de Jacques; et si cette journée et cette femme étaient les ultimes dons d'un ami sachant que la mort l'attendait au front? André Delvaux tisse là les subtils possibles d'un récit qui se situe dans le territoire poétique du réalisme magique. Ce film, qui maîtrise les glissements de la perception et laisse aux êtres toute leur mystérieuse opacité, a été récompensé par le Prix Louis Delluc 1972.