Tarzoon, Shame of the Jungle (1975)

Shame of the Jungle Tarzoon, la honte de la jungle

Countries

Belgique

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Voix

Production

Pays

Belgique

À propos de ce film

Après mai 68, la vague de permissivité avait amené sur nos écrans (outre les films de sexe) un étonnant cartoon pour adultes: Fritz the Cat, de Ralph Bakshi (1972). Boris Szulzinger trouva ce filon exploitable en Belgique et demanda un scénario sans tabou au plus irrévérencieux de nos caricaturistes: Jean-Paul Walravens, dit Picha. Virtuose de l'anarchisme méchant, collaborateur de {Pan} et de {Hara-Kiri}, Picha, déchaîné, parodia le mythe de Tarzan en jouant sur le burlesque, le rabelaisien et le gag phallique. Son Tarzoon malingre et dévirilisé est un pantouflard de la jungle, qui poursuit de liane en liane, sur fond de valses viennoises, les redoutables Zombits, une escouade de mini-phallus casqués de croix gammées, qui ont enlevé sa compagne sur l'ordre de Bazonga, la reine chauve aux quatorze seins. Il croisera sur sa route des pygmées cannibales, des fleurs nymphomanes ou un singe masturbateur, dans une jungle polluée par les autoroutes et les touristes japonais. Le pinceau fou de Picha ne rate aucun poncif du genre tandis que son antihéros moche et couard perd son slip au moindre effort et ne triomphe jamais que par chance. Une équipe uniquement belge travailla durant deux années pour mener à bien ce projet, peaufiné à Londres et à New York (où Johnny Weismuller Jr prêta sa voix à Tarzoon!). Le film allait connaître un énorme succès, malgré le procès fait par les héritiers du créateur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, pour obscénité et atteinte au droit moral. Déboutés par les tribunaux français en 1978, ils obtinrent gain de cause aux Etats-Unis, où on rebaptisa Shame of the Jungle la parodie dévastatrice de Picha et Szulzinger.