Toto le héros (1991)

Toto the Hero Toto de held

Countries

Belgique, L'Allemagne

Colour Type

Couleur

Silent/Sound

Avec son

Directeurs

Cast

Production

Pays

Belgique, L'Allemagne

À propos de ce film

Jaco Van Dormael s'était déjà fait remarquer par des courts métrages de fiction (E pericoloso sporgersi) ou par des films documentaires (L'imitateur et Stade) qui annonçaient tout ce qui allait prendre sa pleine mesure avec cet étonnant Toto le héros. Apparemment, l'histoire est une non-histoire: celle d'un homme, Thomas, à qui l'on a, croit-il, "volé" sa vraie vie et dont l'existence est restée vide. Mais le récit est rendu complexe par une construction en flash-back successifs, par le mélange de tous les temps de l'existence (de la petite enfance à la jubilation postmortem), et même par la création d'un Toto imaginaire. Le vrai, le faux, le possible et le "peut-être" se mêlent sans cesse, donnant des informations contradictoires et, comme le son joue parfois à côté de l'image, un réseau narratif subtil s'installe. Cette structure en continuel passage du subjectif à l'objectif, de l'annoncé à l'énoncé, est remarquablement maîtrisée par le réalisateur, qui a su imposer une cohérence qui ne rejette pas l'identification du spectateur. A cela, il faut ajouter la force des thèmes conducteurs depuis celui, central, du "Je est un autre" jusqu'à la pulsion de mort, en passant par l'inceste et la vengeance. Mais c'est sans doute dans l'exploration de l'esprit d'enfance que Jaco Van Dormael est le plus novateur. Ce film où, pour une fois, le cinéma d'auteur et le cinéma dit commercial ne sont pas antagonistes a été couronné par de nombreuses récompenses internationales, un immense succès critique et public et, à Cannes, par la Caméra d'Or. Certainement le film événement de la décennie 90.