Traversées (1982)
Crossing Over
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Fadhel Jaziri (L'Arabe)
- Julian Negulesco (Le Polonais)
- Vincent Grass
- Christian Maillet
- Colette Emmanuelle
- Gustave Benout
- Namadi Ben Saad
- Bernard Crakzyck
- Jean-Pierre Dauzun
- Guido De Belder
- William Del Visco
- Harry De Peuter
- Slim El Fliti
- Colette Forton
- Guy Ostie
- Gérald Marti
- Alain Ricar
- Derek Riley
- Max Schnur
- Nar Sene
- Claire Servais
- François Sikivie
- Bert Van Tichelen
- Eddy Verecken
Production
- Marisa Films (Bruxelles)
- SATPEC (Tunis)
Pays
Belgique
À propos de ce film
C'est une coproduction entre la Tunisie et la Belgique qui a permis à Mahmoud Ben Mahmoud de monter ce premier film qui, en 1982, allait à juste titre remporter un grand succès d'estime. Le sujet est fort, inattendu, et traité avec une retenue qui souligne amèrement l'aberrante condition des réfugiés, thème encore novateur au début des années 80. Un 31 décembre, entre l'Angleterre et le continent, deux passagers sont refoulés par les autorités britanniques, puis par leurs homologues belges, pour se retrouver prisonniers à bord du car-ferry reliant les deux frontières. Condamnés à parcourir la Manche dans une navette maritime, incessante et absurde, ils tenteront de s'échapper, chacun à sa manière. Le premier est un homme d'origine slave en quête de "liberté"; l'autre, un voyageur arabe. D'une rive à l'autre, ils subiront des interrogatoires policiers, des vexations administratives incompréhensibles, des brutalités ordinaires. En compensation, ils seront invités à participer à un dérisoire réveillon, et s'offriront une courte fugue à Ostende... Entre les deux hommes, point de solidarité, point d'alliance, même tacite. Poussé à bout, perdu, le Slave commettra par désespoir un acte irréparable, tandis que l'Arabe finira par écrire à son ambassadeur, ultime et sans doute inutile recours à sa dérive métaphysique. Une mise en scène sobre et de solides dialogues soulignent la cruauté et l'inhumanité de cette situation sans issue. Ce constat sans pathos ni mélodrame, et par là même juste, développe efficacement une violence tout intérieure.