Un soir, un train (1968)
One Evening On a Train De trein der traagheid
Countries
Belgique
Colour Type
Couleur
Silent/Sound
Avec son
Directeurs
Cast
- Yves Montand (Mathias)
- Anouk Aimée (Anne)
- Hector Camerlynck (Hernhutter)
- François Beukelaers (Val)
- Adriana Bogdan (Moïra)
- Michael Gough (Jeremiah)
- Senne Rouffaer (Elckerlyc)
- Jan Perée (La mort)
- Dom De Gruyter (Werner)
- Jacqueline Royaards (La grand-mère)
- Denise Zimmerman (L'étudiante)
- Catherine Dejardin (L'amie d'Arlon)
- Frédéric Devreese (L'ami d'Arlon)
- Greta Van Langendonck (Femme dans le train)
- Wilfried Coppens (Homme dans le train)
- Nicole Debonne (La jeune femme)
- Patrick Conrad (Le premier garçon)
Production
- Fox (Bruxelles)
- Parc Film (Paris)
- Fox Europe (Paris)
- Les Films du Siècle (Paris)
Pays
Belgique
À propos de ce film
Le deuxième film d'André Delvaux est tiré, comme le précédent, d'un récit de l'écrivain flamand Johan Daisne; mais cette fois, l'oeuvre est produite par la Fox, tournée en français et interprétée par deux vedettes renommées. De plus, la couleur (employée dès lors par le cinéaste) va ajouter aux décors comme aux objets une valeur d'étrangeté, de fantastique dans l'ordinaire apparent, de traversée du miroir qui va contribuer davantage à la notion dite du "réalisme magique". L'histoire est celle d'un couple en crise: un universitaire timoré et égoïste face à une compagne plus sensible, mal intégrée dans le Louvain/Leuven des affrontements linguistiques. S'étant endormi au cours d'un voyage en train avec elle, le héros se retrouve dans un compartiment vide, immobilisé en rase campagne. Il va traverser un paysage d'hiver et de neige, avec deux étranges compagnons; puis aboutir dans un village au langage inconnu, où une fille superbe et impassible va danser devant lui un rituel morbide. Se réveillant de ce cauchemar devant le train accidenté, il découvrira le cadavre de sa femme sur le ballast. Delvaux opère admirablement la symbiose entre cette réalité la plus identifiable et ce pays de fantasmes qui ne sont pour lui que le recto/verso d'une même médaille. Entre Jean Ray et Antonioni, il entrelace les signes révélateurs et les mythes (Orphée et Eurydice transposés dans notre monde actuel, avec la Moïra fatale comme arbitre), les rappels du passé, les objets et les silences qui trahissent la lente fêlure d'une liaison gangrenée par le temps. Seule la mort d'Anne révélera à Mathias, mais trop tard, le vide de sa réussite et le mensonge de sa vie.